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Tombée dans les abricots et le basilic

24 août 2012

Je ne vais pas vous refaire la pub avec le coup du vélo sur fond de paysages provençaux. Je vous épargnerai aussi ma piètre imitation du chant des cigales, aussi irrégulière que l’humeur d’une femme enceinte…

N’empêche qu’en ce moment, je me surprends à respirer chaque jour la mousse de ce gel douche, d’une façon presque aussi niaise que l’héroïne du spot publicitaire ! Car il faut bien avouer que ce mélange est tout à fait de saison et objectivement bien réussi, pour peu bien sûr, que l’on affectionne les abricots et le basilic…

Mais là n’est pas, tout à fait, la question.

Marseillaise de naissance et aussi durant quelques-unes de mes plus belles années de jeunesse, une partie de mon coeur y est resté. Et afin d’entretenir le souvenir de ma Provence natale, j’avoue succomber depuis fort longtemps au chant des sirènes du marketing, parfaitement rodé, de la marque Le Petit Marseillais.
Senteurs, textures… Tout y est agréable, et même le prix se fait, rapport qualité-prix, plutôt raisonnable.

Alors quelle ne fut pas ma surprise, lorsque j’appris lors d’une soirée plateau-télé, envisagée paisible pour ne pas dire banale, que Le Petit Marseillais (attention, bouchez les oreilles des plus sensibles) n’a rien de… marseillais !

Déjà, le créateur de la marque n’a pas d’accent méridional puisqu’il est dijonnais. Et c’est donc la Côte d’Or, où siège le groupe Vendôme, qui voit naître ces produits d’hygiène représentant une image du Sud de la France idéalisée, aussi bien dans l’Hexagone que dans les pays étrangers où on les exporte.

Enfin, au risque d’enfoncer le clou, il faut aussi que je vous dise que depuis 2006, Le Petit Marseillais a obtenu sa carte verte ! Racheté par le géant américain Johnson & Johnson, la marque qui me rappelait mes origines provençales est désormais contrôlée depuis le New Jersey.

M’enfin, n’accablons trop pas cette marque qui est, force est de constater, loin d’être la seule. Que penseriez-vous si je vous disais que les pâtes Panzani viennent de Niort (Deux-Sèvres), que le jambon d’Aoste est bel et bien français, tout comme les chewing-gums Hollywood, le pain de mie Harry’s et même les chaussures aux allures british de chez Weston ?

Ah, le pouvoir et les abus du marketing me laissent perplexe…
Et de là à dire qu’il y a tromperie sur la marchandise, il n’y a qu’un pas.

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