C’est incroyable comme les enfants, dès le plus jeune âge, peuvent faire preuve d’opportunisme…
Un soir de cette semaine, alors que je demandais – désespérément - à mon petit garçon, la raison pour laquelle il ne faisait toujours pas ses nuits (à 34 mois passés bordel !) (désolée, c’est sorti tout seul), j’ai entendu la refrain classique : « j’ai peur ».
Prête à démonter tout argument (et à réduire en miettes tous les monstres qui se trouveraient sur mon passage), j’ai essayé de creuser pour en savoir un peu plus…
Moi : « Mais de quoi as-tu peur ? »
Boubou : « Du Monsieur. »
Moi, d’un coup aussi pétrifiée que lui : « Quel Monsieur ? »
Boubou, désignant derrière moi : « Lui. »
Soudainement, je me suis retrouvée hélitreuillée en plein tournage du 6ème sens. Et à la manière de Bruce Willis, j’ai essayé de ne pas paniquer, et de me retourner stoïquement.
À cet instant, seuls mes yeux auraient pu me trahir, tant ils avaient envie de rester fermés. C’est une habitude chez moi, devant les films d’horreur, je regarde toujours les mains devant les yeux, à travers les fentes naturelles des mes phalanges. Et depuis toute petite, je crois que j’aurai moins peur en faisant ainsi…
Sauf que là, j’avais ma réputation de Super Maman à tenir. Et puis je me suis aussi dit que si Bruce Willis avait réussi à le faire, j’allais être capable de vaincre ma peur. J’avais bien survécu aux douleurs d’une césarienne, quasiment pratiquée à vif (la péridurale n’avait fonctionné qu’à moitié), alors ce n’étaient pas des fantômes qui allaient m’impressionner !
Finalement, mes paupières m’ont laissé entrevoir qu’il n’y avait personne d’autre que mon petit garçon et moi. Ouf. J’ai attendu 30 secondes pour voir si quelque chose de surnaturel se passait… Rien, parfait. J’ai donc revêtu mon costume de maman stoïque et à peine blasée. Et alors que j’allais recommencer mon bourrage de crâne (la nuit, c’est fait pour dormir), mon petit malin a repris le dialogue…
Boubou : « J’ai peur du Monsieur bleu. »
Moi : « Où est-ce que tu as vu un Monsieur bleu ? »
Silence.
Moi : « Tu l’as vu où ? Dans un dessin animé ? »
Boubou, les yeux devenus brillants : « Oh oui, Maman, steuplé, veux un dessin animé avec un Monsieur bleu. »
Moralité : l’opportunisme est inhérent à l’homme.
Notez que sans h majuscule, les femmes ne sont pas incluses dans mon propos. Étant pour l’instant la seule femme à la maison, et totalement dépourvue d’un tel défaut, je veux croire – ou laisser croire – que le beau sexe ne naît pas avec celui-là (au moins)…
Bref, au final, on a compris que le Monsieur dont il parlait (sans doute le personnage d’un livre ou d’un dessin animé) était bleu parce que la veilleuse de sa chambre est bleue.
Quant à moi, je n’ai toujours pas trouvé de solution pour que mon fils fasse enfin ses nuits. Avant le Monsieur bleu, il y avait eu la peur du noir. Je déclare donc ouverts les paris sur la prochaine couleur, mais en espérant que ce soit la dernière !
Parce que même tout habillé et dans une position inconfortable, avec du bruit et de la lumière, quand il le veut, il sait dormir.
Preuve à l’appui…

Ha, j’adore la photo!
D’un point de vue extérieur c’est super mignon cet opportunisme
mais le manque de sommeil… on est « soeurs » de galère de nuits pourries.