On était mieux avant ?

Souvent, dans les moments où nos enfants crient ou chahutent, en particulier les dimanches soirs où les deux jours du week-end ont été aussi épuisants que les cinq jours de la semaine, il lui suffit d’un regard pour me comprendre…

Dans tous ces instants, où je rêverais d’entendre à nouveau le silence, la lassitude m’envahit au point que je m’assiérais bien sur les genoux de celui qui est mon confident en plus d’être mon mari, pour me blottir dans ses bras et respirer avec lui l’insouciance, comme avant… Mais je me contente de lui chuchuter à l’oreille, ou alors il la lit sur mes lèvres, cette phrase qui revient souvent :

« On était quand même pas mal avant, non ? »

 

Avant, c’était quand il n’était que mon chéri, pas encore mon mari. C’est quand je n’avais pas encore eu de gros ventre avec un bébé dedans. Avant, c’était il y a bientôt quatre ans et les six années qui ont précédé.

Après chaque repas, je râlais pour qu’il écarte sa chaise de la table, et lui râlais parce que je lui écrasais sans ménagement les cuisses en sautant sur ses genoux. Le week-end, je lui apportais son chocolat chaud au lit, je grignotais à côté de lui, et on se rendormait devant l’un de ces films romantiques que j’aime tant. On adorait tout ce qui était improvisé : un restau, un ciné, une pièce de théâtre, une crêpe au nutella en bas de la rue… On partait en voyage et parfois on allait loin, là où il y a des concentrés d’adrénaline, comme en Afrique du Sud, à la frontière du Zimbabwe, ou en Israël et en Palestine…

À l’époque, on passait des heures à discuter et à imaginer notre vie future, à donner notre avis sur tout et n’importe quoi aussi.

Et aujourd’hui, on y est. On a deux beaux enfants et on aura bientôt notre maison. Il exerce le métier dont il avait toujours rêvé et moi je regarde grandir mes enfants, comme je l’avais tant espéré…

Pourtant, ce n’est pas toujours facile, car élever des enfants est l’une des choses les plus difficiles qui soient.

Alors dans ces moments, on se regarde et on se comprend. On se sourit et on se dit, sans les mots, que notre vie était bien chouette avant. Et puis seulement une seconde après, il nous suffit de les regarder pour réaliser, ô combien si on y revenait, qu’est-ce qu’ils nous manqueraient !

photo (4)

été 2010

10 thoughts on “On était mieux avant ?

  1. Tout à fait d’accord :-)
    Mais quand même, si on pouvait parfois se prendre 1 jour ou 2 en mettant les enfants sur pause et partir à l’arraché, insouciants, avec une valise et faire la tournée des restos et des beaux hôtels… Bin oui en fait, c’est vrai qu’on trouverait sûrement le trajet en voiture presque ennuyeux sans cris et enfant qui jacasse, sans petit garçon pour voir les choses avec plus d’émerveillement et de naturel que nous.
    En fait, une fois qu’ils sont là, difficile de s’en passer !!

    • Tu as raison, il faudrait pouvoir les mettre sur pause ! Parce que l’idée de savoir que je loupe trop de trucs de leur petite vie, ça me rend dingue :)
      Mais bon, le temps passe vite… Et dans quelques années, quand on reprendra notre vie faite de restos, voyages etc, et bien je crois qu’on aura la nostalgie de notre vie d’aujourd’hui !
      Ta dernière phrase résume parfaitement mon ressenti…

  2. Très bel article.. J’apprécie (quand j’en ai l’occasion) des moments sans ma fille.. Mais au fond de moi, toujours, elle me manque ! :)

  3. C’est là qu’est toute la contradiction je trouve, on était bien avant, combien de fois j’ai pu le dire à chéri-chéri et en même temps, le fait de ne pas assez les voir avec le travail me tue…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>