Mignonneries

Madame Patate

20 novembre 2016


Telle fut prise celle qui crut prendre…

Mon petit bonhomme de quatre ans, tout juste sonnés, me surprend souvent tant par sa repartie que par son vocabulaire. Rappelons qu’à 19 mois seulement, il m’informait de la fin de notre allaitement :

« Maman, tété, du lait, a pu »

Incroyable. Si petit malgré son gabarit de futur rugbyman, ses idées s’exprimaient précocement au moyen de phrases déjà longues.

Aujourd’hui, nous avons eu la chance de nous retrouver tous les deux durant quelques minutes, chose plutôt rare depuis que sa petite sœur est née, grâce à son besoin impérieux au moment du déjeuner de se rendre aux toilettes accompagné.

J’ai donc délaissé ma bavette et mes pommes de terre sarladaises pour tenir la chandelle à un petit costaud effrayé à l’idée de traverser une pièce en travaux.

Moi résignée et lui enjoué, nous en avons alors profité pour chanter une chanson qu’il affectionne beaucoup : Pomme d’Api…

Pomme de reinette et pomme d’api,

Tapis, tapis rouge.

Pomme de reinette et pomme d’api,

Tapis, tapis gris.

Attention, passage préférées vue :

Cache tes mains derrière ton dos,

Ou j’te donne un coup de marteau… (là, nous faisons mine de nous donner un petit coup)

Ouille !
Ce cher moment de complicité, pourtant dans la plus petite pièce de la maison, m’est apparu comme une petite pause merveilleuse dans mon quotidien, notamment grâce à Dame nature qui a su, il y a déjà une trentaine d’années et dans une étonnante lucidité, négliger mon sens de l’odorat !

Bref, cela aurait pu s’arrêter ainsi.

L’interprétation de cette chanson, pourtant souvent chantée à deux, trois ou quatre, aurait pu finir aux oubliettes des bons souvenirs, malheureusement trop nombreux pour parvenir à la postérité. Mais non, je crois que celle-là, je ne l’oublierai pas.

C’est donc au moment du dernier baiser du jour donné à mes enfants, que mon fils, surnommé affectueusement Titi, a su une nouvelle fois me laisser sans voix.

Je l’ai enlacé, embrassé, câliné… Et en maman gourmande, j’ai voulu pour la dernière fois de cette journée le voir sourire, alors dans un clin d’œil amusé, je lui ai dit :

« Bonne nuit, Monsieur Pomme d’Api »

Ce à quoi il m’a répondu, après m’avoir gratifiée de ce sourire malicieux que j’aime tant :

« Bonne nuit, Madame Pomme de terre ».
Face à tant de neurones en ébullition, j’ai pourtant ri aussi jaune que mes pommes de terre sarladaises.

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